Universe culturel de Saint-Sulpice

Manuscrits sur les langues autochtones

Manuscrits sur les langues autochtones2022-07-24T19:47:50+00:00
Territoire et relations entre Autochtones et Européens
Histoire de la Mission du Lac des Deux Montagnes
Notice biographique des auteurs
Catégories des manuscrits
Cantiques en langue algonquine

Jean-André Cuoq, PSS. et Joseph-Isodore Tallet, PSS. « Extrait des Cantiques en langue algonquine ». Prêtres de Saint-Sulpice de Montréal. (entre 1857 et 1862). P1 : 8A. 4 143

Le projet

Le projet de numérisation des manuscrits en langues autochtones s’inscrit dans le cadre de l’Année internationale des langues autochtones (2019) proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU).

Le service des archives de l’Univers culturel de Saint-Sulpice a entrepris, en 2022, la numérisation d’un premier corpus de 40 manuscrits du XVIIe au XXe siècle. Le but est d’en faire connaître le contenu en les diffusant dans une plateforme web et d’en favoriser l’utilisation par les chercheurs et par le public en général. Ces manuscrits ont servi à l’apprentissage et à la transmission des langues autochtones à Montréal et dans les environs. Ils forment un ensemble unique du patrimoine des Sulpiciens de Montréal.

Ce corpus documentaire comprend des dictionnaires, des lexiques, des grammaires, des livres de chants ainsi que des prônes et des sermons principalement dans des langues iroquoises et algonquines. En effet, plusieurs nations autochtones étaient présentes dans la mission du Lac des Deux Montagnes (aujourd’hui Kanesatake ou Oka). Grâce à la collaboration d’un sociologue huron-wendat, pour contextualiser ces manuscrits et exposer un point de vue autochtone, on peut aujourd’hui mieux en comprendre les contenus et davantage en apprécier la valeur.

Contributions

Soulignons la contribution des partenaires et des personnes qui ont rendu possible la diffusion en ligne des manuscrits sur les langues autochtones :

M. GUY SIOUI DURAND
PH. D. (SOCIOLOGIE)
CONSULTANT HURON-WENDAT

MME SANDRA OUELLET
ARCHIVISTE À L’UCSS

MME FANNIE DIONNE
HISTORIENNE À L’UCSS

Territoire et relations
entre Autochtones et Européens

Arthur Guindon, PSS. «Le Génie du Lac des Deux Montagnes». Prêtres de Saint-Sulpice de Montréal. Entre 1910 et 1923.

Les Algonquins se nomment eux-mêmes Anishnabe. Nomades, ils se désignent comme le « peuple de la rivière » (appelée aujourd’hui la rivière des Outaouais, mot hérité des Odawas). De fait, leur territoire traditionnel est celui d’une série de grands lacs reliant les territoires du Nord-Est, allant du grand lac Abitibi, où vivent les Abitibiwwinnis et les Témiscamingues, le lac Capimichigama (Cross Lake), le lac Barrière (ou Barrier Lake et dont sa signification anishnabe est « traverser d’un bassin à l’autre »), le lac Nipissing (où vivent les Nipissings) au Grand Lac Victoria. Ce sont les sources de la rivière des Outaouais qui coule vers le fleuve sur 250 kilomètres au nord des villes de Gatineau et d’Ottawa: elle coule vers l’ouest, puis vers le sud et le sud-est sur environ 1200 kilomètres avant de se jeter dans le fleuve Saint-Laurent près de Montréal. Contrairement aux géographes modernes, les peuples anishnabe ne donnent pas le même nom à un cours d’eau entier. Ils attribuent le terme Kichi sipi à la partie inférieure de la rivière, à partir de Matawang (Mattawa) qui signifie « là où la rivière se divise jusqu’au Lac des Deux Montagnes ». Les sections supérieures (une série continue d’expansions reliées) portent aussi plusieurs noms. La plus connue est Temiskaming Sagahigan (littéralement « lac d’eaux profondes »), qui forme une partie de la frontière actuelle entre l’Ontario et le Québec. Mais même ce nom est seulement attribué à la portion la plus large et la plus au nord du présent Lac Témiscamingue.

La section en dessous des étroitesses est reconnue, de façon appropriée, comme obawjewanong Sagahigan ou « lac au courant étroit ». Cette partie de la même rivière s’écoulant de l’actuel Lac des Quinze qui se trouve à la tête du Lac Témiscamingue (appelé́ la rivière Quinze au Québec) est reconnue comme wanaweia sipi ou « rivière d’eau sale ». Les termes anishnabe pour d’autres sections du bassin incluent Kichi Saki ou « grande sortie » (le Grand Lac Victoria) et Mitcikinabikong ou « endroit de la clôture de pierre ou barrage » (le Lac Barrière).

Missions Sulpiciennes

Légende : 1. La Montagne; 2. Sault-aux-Récollets; 3. Île aux Tourtes; 4. Lac-des-Deux-Montagnes. Source : Laurent Girouard. «Carte représentant les missions des Sulpiciens».

Au cours du XVIIe siècle, plusieurs bandes anishnabe (algonquines) sont considérablement affectées par des vagues épidémiques européennes et par l’état endémique de guerre avec les Haudenosaunee (Iroquois) de la Confédération des Cinq Nations. Ces derniers bénéficient d’avantages militaires puisqu’ils se procurent des armes à feu provenant des colons écossais et anglais de la côte de l’Atlantique. Chaque été, des groupes de canots maraudeurs de Matchi Nottaway (nom attribué aux Haudenosaunee par les Anishnabe) harcèlent les Autochtones et les Européens vivant près des rivières des Outaouais ou du fleuve Saint-Laurent.

Plan mission Lac Deux Montagne

«Plan de la Mission du Lac des Deux Montagnes». Bibliothèque et Archives Canada.

Certains Anishnabe (Algonquins), notamment les Matouweskarinis, les Onontchataronons et les Kichesipirinis, dont les terrains de chasse sont situés le long du sentier de guerre des Haudenosaunee (Iroquois), s’installent pour l’été à Trois-Rivières ou au sein du nouvel établissement français à Ville-Marie sur l’île de Montréal (fondé en 1642), pour ensuite retourner vers leurs sites au cours de l’hiver. La vallée du Haut de l’Outaouais, entre Deep River et le Lac Témiscamingue, devint une région dangereuse. En l’année 1650, les Haudenosaunee ont décimé les Wendats (Hurons) et attaquent constamment les Nipissings. Ceux-ci recherchent une certaine sécurité vers l’intérieur des terres et certains s’enfuient même par la route empruntée lors de leurs activités commerciales, parfois aussi loin qu’au nord du Lac Supérieur. D’autres Nipissings et Anishnabe demeurent sur leurs propres territoires. Ils évitent cette région du Bas de l’Outaouais durant l’été et parcourent à la place une route parallèle jusqu’à Trois-Rivières et Montréal, qui les mène vers la région du Haut de l’Outaouais, à partir du nord du lac Témiscamingue et jusqu’aux cours supérieurs des rivières du Lièvre et de la Saint-Maurice. Les Anishnabe modernes de Kitchisakik et d’autres communautés intérieures retiennent divers récits oraux sur les attaques des Haudenosaunee, mais de tels massacres ont dû être plutôt rares.

À l’exception de sites vulnérables comme l’Île aux Allumettes et l’embouchure de la rivière de l’Esturgeon (sur le Lac Nipissing), la plupart des villages anishnabe sont difficiles à atteindre. Les Haudenosaunee n’utilisent que des canots fabriqués d’orme lourd, convenables pour les voies de navigation majeures comme le cours inférieur de la rivière des Outaouais. Quant aux peuples anishnabe, ils fabriquent leurs barques à partir d’écorce de poids léger, adaptées aux rivières difficiles du Bouclier canadien. De plus, les Haudenosaunee s’aventurent rarement au nord de la rivière des Outaouais ou du Saint-Laurent, puisque la subsistance y est très difficile. Tout comme l’a indiqué l’historien sulpicien du XVIIe siècle Dollier de Casson, le défi n’en vaut pas la peine dans ces régions et les Haudenosaunee ne sont pas de bons pêcheurs.

Plan Lac deux Montagnes

Légende : A. Fort français; B. Maison des missionnaires; C. Les écuries; D. Maison des Sœurs de la congrégation; E. Cabane du Roi; F. Église; G. Cimetière français; H. Cimetière nipissing; I. Cimetière algonquin; K. Cimetière iroquois; L. Village nipissing; M. Village algonquin; N. Fontaine; O. Pointe du lac; P. Cabanes des chefs de villages; Q. Cabanes des chefs de guerre; R. Cabanes des pauvres; S. Place du jeu de crosse; T. Village iroquois et huron; U. Place d’assemblée; X. Cabane de conseil; Y. Cabane où les parties de guerre se forment. «Plan de la région du lac des Deux Montagnes». Archives nationales d’outre-mer (ANOM, France). Plans et Fortifications, Amérique septentrionale. FR CAOM 3DFC490B. 22 octobre 1731.

Le Traité de Paix de 1667 limite les attaques des Haudenosaunee (Iroquois) pour plus d’une décennie. Au cours des années qui suivent, les Haudenosaunee tirent avantage de cette paix établie pour fonder une série de villages le long de la rive nord du Lac Ontario, entre les villes actuelles de Toronto et Gananoque. Cela facilite leur commerce avec les peuplements français sur le Saint-Laurent. Ce mouvement général vers le Nord, en revanche, entraîne des conséquences imprévues. Une des conditions établies dans le Traité exige que la Confédération des Haudenosaunee permette aux missionnaires jésuites d’entrer dans leurs villages. Une perte de population en résulte, surtout au sein des Kanien’kehá:ka (Mohawks), après que les Jésuites eurent convaincu la plupart des convertis de se relocaliser dans la région de Montréal. Plusieurs de ces nouveaux arrivants, que les Anishnabe (Algonquins) et les Nipissings ont surnommé niina Nottawa (nom désignant les Wendats [Hurons]), s’établissent avec les missionnaires jésuites de Kentake (La Prairie), sur la rive sud du Saint-Laurent. Ils se déplacent ensuite vers ce qui est actuellement connu comme Kahnawà:ke. Au milieu des années 1670, d’autres Haudenosaunee se joignent aux missionnaires sulpiciens, aux Anishnabe et aux Wendats chrétiens, à la Mission de « La Montagne » (au pied de l’actuel Mont-Royal), à l’intersection des rues Atwater et Sherbrooke d’aujourd’hui. Même si ces nouveaux arrivants sont les alliés des Français, ils maintiennent une connexion étroite avec leur village d’origine, tellement directe que les Français les ont plus tard accusés d’entretenir le commerce de contrebande avec les Écossais et les Anglais.

Au cours de cette paisible décennie, l’influence des Français se développe à l’intérieur de l’Amérique du Nord. Les commerçants et les missionnaires français se dirigent vers les pays d’en haut (la région entre la vallée de l’Ohio et des Grands Lacs supérieurs). Des groupes commerciaux autochtones visitent Montréal au cours de l’été et empruntent les Grands Lacs, la rivière des Outaouais et le Saint-Laurent. En 1673, on retrouve des missionnaires jésuites à Sault Sainte-Marie et à Michilimackinac ainsi que des postes de traite française au nord du Lac Piscotagemy (Nighthawk), près de Timmins en Ontario.

Francis Back. «Le gouverneur Louis-Hector de Callière au moment de la signature du Traité de la Grande Paix de Montréal».

En 1682, 300 Nipissings arrivent à Montréal et demandent au gouverneur Le Febvre de la Barre la permission de demeurer sur les terres pour leur servir de refuge temporaire, « loin de la furie des Iroquois ». Ces nouveaux arrivants incluent possiblement des Témiscamingues, puisqu’au mois d’août 1684, 40 guerriers Nipissings et Témiscamingues ainsi que 72 guerriers Anishnabe (Algonquins) accompagnent le gouverneur lors d’une expédition contre les villages des Haudenosaunee (Iroquois) à New York. Malgré les manœuvres de harcèlement des Haudenosaunee, le commerce de fourrures prospère dans la vallée du Haut de l’Outaouais. Vers 1683, les marchands de Montréal ouvrent des lignes d’échanges directes avec les Nipissings et les Témiscamingues, établissant un poste à Matabitchuan sur le coté sud-ouest du Lac Témiscamingue. Le Chevalier de Troyes visite ce poste au mois de juin 1686 alors qu’il se rend, en compagnie de soldats français, vers la Baie-James pour y attaquer la Compagnie de la Baie d’Hudson. Au moment de leur retour, en septembre, le Chef des Témiscamingues les guide jusqu’à Montréal. Avec l’entrée en vigueur du traité de la Grande Paix de Montréal, en 1701, les diverses bandes des Nations anishnabe prennent possession du bassin de la rivière des Outaouais pour plus d’un siècle. Plusieurs décennies de liens directs entre les Anishnabe, les missionnaires et les officiers français, ainsi que la disparition de plusieurs groupes autochtones causée par les guerres franco-iroquoises et les épidémies, provoquent des changements dans l’organisation sociale des Anishnabe, et ce, particulièrement chez ceux établis le long de la section inférieure de la rivière des Outaouais. Plusieurs descendants des Weskarinis, des Onontchataronons et d’autres groupes, faisant partie des missions françaises depuis les années 1630, passent leurs étés parmi les missionnaires de la Mission du Lac des Deux Montagnes et repartent vers leur territoire de chasse dans la vallée Kichisipi à d’autres moments de l’année. Ce sont ces peuples que les Français surnomment les Algonquins. Les villages des missionnaires sont composés de peuples multiethniques, qui s’entremêlent au cours du siècle à la suite de guerres et des épidémies.

Toutes les tribus autochtones adoptent des prisonniers qu’ils n’ont pas tués, ce qui leur permet de reconstituer leur population. Le meilleur exemple est celui des membres de la Confédération des Haudenosaunee. D’après l’historien jésuite Pierre Charlevoix, les deux tiers de sa population se composent, entre autres, de captifs Wendats (Hurons) et Neutres. Dans le cas des Omamiwininitwaks, sa population est principalement d’origine anishnabe, mais inclut aussi d’anciens captifs (ou leurs descendants) de la Confédération des Haudenosaunee, des Mahicans, d’autres tribus de la Nouvelle-Angleterre et même des Européens provenant des colonies anglaises et écossaises.

Plan mission Lac Deux Montagne

«Plan du fort et de la mission du lac des Deux Montagnes». Bibliothèque et Archives du Canada.

Histoire de la Mission
du Lac des Deux Montagnes

Les manuscrits sur les langues autochtones ont été utilisés et rédigés, pour la plupart, à la Mission du Lac des Deux Montagnes. Les Sulpiciens acquièrent le territoire en 1717 et les premiers habitants y emménagent vers 1721.

Les Haudenosaunee (Iroquois; « peuple aux longues maisons ») désignent le territoire par le nom « Kanehsatà:ke », ce qui signifie un territoire « au pied de la montagne [le Calvaire d’Oka] et un cours d’eau non loin [rivière des Outaouais] ». D’abord établi au fond de la Petite Baie, le village est déménagé à la pointe, à environ un kilomètre et demi à l’ouest. La population de ce village se compose surtout de Canadiens-français, de Kanien’kehá:ka (Mohawks), de Wendats (Hurons), ainsi que d’Anishnabe (Algonquins, dont nom qui signifie « ceux au-delà de la rivière »). Parmi ces derniers, on note des Nipissings venus de l’Île aux Tourtes, des Sioux, des Panis (esclaves autochtones), des Mohingans (« les Loups »), des Meskwaki (« les Renards »), des Attikameks  (« les Têtes-de-Boule »), des Catawbas (« les Têtes-Plates »), des Maloumines (« les Folles-Avoines ») et d’autres nations de l’Ouest. Elles se retrouvent toutes, à un moment ou un autre, à la Mission du Lac des Deux Montagnes, un lieu de passage de marchands et, surtout, de la traitre des fourrures. La Mission fut également un centre d’apprentissage des langues autochtones pour d’autres missionnaires.

Après la Guerre de la Conquête, en 1764, la Compagnie de Saint-Sulpice de Paris transfère la propriété de tous ses biens de Nouvelle-France aux Sulpiciens de Montréal. Il ne reste alors plus que deux Sulpiciens en poste à la Mission du Lac des Deux Montagnes. Ils ne peuvent plus recruter en France puisque la Couronne britannique le leur interdit. Toutefois, la Révolution française change la situation. Nombreux sont les religieux (dont les Sulpiciens) qui sont forcés de quitter la France. Avec l’accord britannique (et après une vérification rigoureuse), M. Montgolfier réussit à recruter 18 Sulpiciens qui, entre 1797 et 1802, font le voyage jusqu’à Montréal. Deux nouveaux missionnaires sont alors envoyés pour assister M. Michel-Félicien Leclerc, le supérieur de la Mission. MM. Jean-Baptiste Thavenet et Jean-Baptiste Roupe les rejoignent un peu plus tard. Les Sulpiciens sont très occupés avec le nombre grandissant des Attikameks et des Ottawas (de la famille des Anishnabe [Algonquins]) ainsi que par la rédaction et la transcription de la majorité des manuscrits sur les langues autochtones.

Depuis longtemps, mais surtout depuis que la Nouvelle-France est passée aux mains des Britanniques, les Haudenosaunee (Iroquois), alliés de ces derniers, revendiquent la propriété de certaines terres de la seigneurie du Lac des Deux Montagnes appartenant aux Prêtres de Saint-Sulpice. S’ensuivent des relations tendues à certaines occasions et des crises. En effet, la Mission est touchée par des feux : mentionnons celui de 1694, qui détruit les cabanes des Autochtones, et celui de 1877, dans lequel l’église et le presbytère sont la proie des flammes.

L’année 1840 marque la fin du régime seigneurial et la confirmation, le 8 juin, que les Sulpiciens sont reconnus comme propriétaires de tous leurs biens (incluant les terres de la Mission). Ils doivent toutefois vendre certains terrains aux marchands anglais qui désirent devenir propriétaires de leurs emplacements, et ce, moyennant un prix convenu ainsi que des indemnités. Les Prêtres de Saint-Sulpice de Montréal octroient aussi aux Autochtones l’usage et l’usufruit des terrains qu’ils ont défrichés.

En 1867, parce que le nom « Mission du Lac des Deux Montagnes » est trop long pour le ministère des Postes du Canada, celui-ci décide de le changer pour Oka (en mémoire du vieux chef anishnabe, Paul Oka). Oka devint une paroisse canonique en 1784. La municipalité de la paroisse de l’Annonciation est quant à elle créée le 20 avril 1875. Son nom fut modifié pour « Oka » le 5 mars 1953. L’usage du nom autochtone « Kanehsatà:ke » cesse progressivement et n’est repris par les Kanien’kehá:ka (Mohawks) qu’après 1986.

Notice biographique des auteurs

BELMONT,
François Vachon de
CUOQ,
Jean-André
DEPÉRET,
Élie
GAY,
Robert-Michel (Guay)
GUICHART de Kersident,
Vincent-Fleuri
LAGARDE,
Pierre-Paul-François de
LEFEBVRE de Bellefeuille,
Louis-Charles
MATHEVET,
Jean-Claude
TALLET,
Joseph-Isidore
THAVENET,
Jean-Baptiste

Catégories des manuscrits

Les manuscrits ne peuvent être regroupés dans des catégories exclusives, car un seul manuscrit peut inclure plusieurs types de documents, par exemple un dictionnaire, une grammaire et un lexique. De plus, les auteurs sont multiples, puisque plusieurs mains ont rédigé, transcrit et annoté les manuscrits, sans compter l’aide souvent invisible des locuteurs natifs. Quant aux familles des langues iroquoises et algonquines, elles se divisent chacune en plusieurs dialectes. Il est également possible de retrouver, dans un seul manuscrit, à la fois une langue algonquine et une langue iroquoise. Néanmoins, un regroupement par type de document est proposé, puisque c’est le critère le plus stable et celui dont les catégories sont les plus appropriées à ce corpus documentaire. Notons que la numérotation des manuscrits (numéros inscrits au crayon de plomb sur la page couverture) ainsi que celle d’un type de document (par exemple, « sermons I », « sermons II », etc.) ne se suivent pas forcément.

L’UCSS est conscient que les termes « langues iroquoises » et « langues algonquines » sont très généraux et ne sont pas ceux utilisés par les locuteurs natifs d’hier et d’aujourd’hui dont les langues ont été mises par écrit dans les manuscrits. Ces termes seront remplacés par d’autres plus appropriés et plus précis, au fur et à mesure que les recherches sur les langues des manuscrits avanceront.

L’Ancien Testament est la partie de la Bible antérieure à Jésus. Il contient, en plus des livres de la Bible en hébreu, les livres d’Esther, de Daniel, etc. (livres deutérocanoniques).


Ancien Testament. 1er cahier / Jean-Claude Mathevet, PSS. – [entre 1746 et 1781]. P1:8A.4/042
Portée et contenu : La création, le déluge, Abraham, Issac, Jacob, Joseph, Moïse, l’exode (les nombres)
Langues des documents : FRA – ALG.

Ancien Testament. 2e cahier / Jean-Claude Mathevet, PSS. – [entre 1746 et 1781]. P1:8A.4/045
Portée et contenu : Les nombres, le Deutéronome, Josué, les juges, les rois.
Langues des documents : FRA – ALG.

Ancien Testament. 3e cahier / Jean-Claude Mathevet, PSS. – [entre 1746 et 1781]. P1:8A.4/046
Portée et contenu : Suite des rois Judith, Tobie.
Langues des documents : FRA – ALG.

Ce sont des chants bibliques qui n’incluent pas les psaumes.


Cantiques en langue algonquine / Joseph-Isidore Tallet, PSS et Jean-André Cuoq, PSS. – [entre 1847 et 1862]. P1:8A.4/143
Portée et contenu : L’Avent – Annonciation, les femmes, la Vierge Marie, Jésus et autres textes religieux.
Langues des documents : FRA – ALG.

Le catéchisme est composé d’instructions sur les doctrines de la foi catholique.


Catéchisme algonquin / Anonyme. Traduit par Jean-Baptiste Thavenet, PSS. / Prêtre de la Brosse, sj. – Copié en 1820. P1:8A.4/112
Portée et contenu : points de catéchisme en algonquin avec la traduction latine, la prière, la Sainte-Trinité, Jésus, la Vierge Marie, le péché, la vie après la mort, l’affection mutuelle, la confession, l’eucharistie, la communion.
Langues des documents : FRA – ALG – LAT.

Procédure de baptême / Jean-Baptiste Thavenet, PSS, Joseph-Isidore Tallet, PSS et Jean-André Cuoq, PSS. – [entre 1800 et 1862]. P1:8A.4/144
Langues des documents : FRA – ALG.

Une chrestomathie est un recueil de textes littéraires choisis parmi des œuvres d’auteurs et assemblés pour l’apprentissage d’une langue.


Chrestomathie algonquine – Tome I / Jean-André Cuoq, PSS. – 1872. P1:8A.4/134
Portée et contenu :  Une préface de Cuoq, 16 chapitres regroupant des textes d’évangélisation (5); une lettre des Autochtones au roi Grégoire XVI et sa réponse; sept extraits du Nouveau Testament.
Langues des documents : FRA – ALG

Chrestomathie algonquine – Tome II / Jean-André Cuoq, PSS. – 1873. P1:8A.4/135
Portée et contenu : textes religieux et de charité chrétienne dont un sur la superstition; des cantiques; et des récits d’un Chef des Nipissings (sur le métissage entre Français et Algonquins).
Langues des documents : FRA – ALG.

Chrestomathie algonquine – Tome III / Jean-André Cuoq, PSS. – 1874. P1:8A.4/136
Portée et contenu : exercices de verbes algonquins; une béatitude (extrait d’un catéchisme du jésuite P. Louis André en langue algique); avertissement de l’auteur sur un dictionnaire français-algonquin; les accords impératifs et subjonctifs; textes divers sur les cimetières; description de la martyr Marguerite Karonk8as et Étienne Neningikamikisek, sur l’Union des Chefs ainsi que le discours du Grand chef Ketoja le jour de son élection.
Langues des documents : FRA – ALG

Chrestomathie algonquine – Tome IV / Jean-André Cuoq, PSS. – 1874. P1:8A.4/137
Portée et contenu : 36 textes sur les odes thématiques des évangiles catholiques touchant l’évangélisation; la passion de Jésus; 24 textes sur le thème de la contrition et de l’attrition, de la tempérance, la confession et autres; une note sur l’ancien petit catéchisme expliqué par M. Thavenet et sur la traduction; épilogue d’un dictionnaire outaouais; discussion des expressions pour les adapter. À la fin, on retrouve trois hymnes en l’honneur de Jean-Jacques Olier, en latin.
Langues des documents : FRA – ALG – LAT.

Un dictionnaire est un recueil contenant des mots et des expressions d’une langue qui sont présentés dans un ordre alphabétique ou thématique. Le lexique, quant à lui, est un dictionnaire succinct.


Dictionnaire Algonquin-Français / Jean-Claude Mathevet, PSS. – [ca 1750]. Ils manquent quelques pages. P1:8A.4/044
Attributions et conjectures :  Monsieur Jean-André Cuoq, PSS attribu ce document à monsieur Jean-Claude Mathevet, PSS.
Langues des documents : FRA – ALG.

Dictionnaire Français-Algonquin / Vincent-Fleuri Guichart de Kersident, PSS.  – [entre 1754 à 1793]. P1:8A.4/097
Langues des documents :  FRA – ALG.

Dictionnaire français-iroquois / Attribué à François Vachon de Belmont, PSS. – [ca 1680]. P1:8A.4/106
Portée et contenu : Dictionnaire de la fin de la lettre « h » à la lettre « v » et sections thématiques : lunes (mois de l’année), maladies, nombres, parentes, explications de grammaire, les béatitudes, explications du Pater, explication du Carême.
Mentions de responsabilité : Il se pourrait qu’un jésuite ait participé à la rédaction.
Langues des documents : FRA – IRO – LAT.

Dictionnaire algonquin-français / Jean-Baptiste Thavenet, PSS. – [ca 1819]. P1:8A.4/114
Historique de la conservation : Une note manuscrite sur la première page du document de Jean-André Cuoq, PSS mentionne : « Ce dictionnaire fait par M. [Jean-Baptiste] Thavenet (Nikise) retourné en France en 1815 a été mis au net en 1819 par M. Charles De Bellefeuille prêtre du Séminaire de Montréal. Ce dictionnaire reste à l’état de manuscrit et il est consulté et annoté par M. Cuoq. L’original sur de petits papiers a été envoyé en France sur la demande de l’auteur ».
Mentions de responsabilité : Transcrit par M. Charles de Bellefeuille, PSS.
Langues des documents : ALG – FRA – IRO.

Manuscrit du lexique algonquin / Jean-André Cuoq, PSS. – [entre 1847 et 1859], 1860. P1:8A.4/141
Portée et contenu : 18 hymnes, 16 chants et 22 cantiques sur des thèmes religieux.
Langues des documents : FRA – ALG.

Il s’agit d’un ouvrage regroupant l’ensemble des règles normatives d’une langue parlée.


Grammaire algonquine et Sermons I = Œuvres algonquines / Elie Depéret, PSS. – [entre 1727 et 1757]. P1:8A.4/028
Portée et contenu : un catéchisme; une grammaire; la procédure de la communion; les actes [de vertus théologales: foi, espérance, charité].
Langues des documents : FRA – ALG.

Grammaire algonquine / Joseph-Isidore Tallet, PSS. – [entre 1857 et 1862]; Mission du Lac des Deux Montagnes, Saint-Vincent-de-Paul Montréal, 1866. P1:8A.4/146
Portée et contenu : Plusieurs textes pieux en français. Méthode d’instruction chrétienne en français.
Langues des documents : FRA – ALG.

Prône et sermon sont souvent utilisés comme synonymes. Il s’agit d’un discours basé sur un extrait d’un texte des Écritures saintes.


Sermons II = Œuvres algonquines. Tome 2 / Elie Depéret, PSS. – 1743. P1:8A.4/029
Portée et contenu : Exhortations sur l’enfer, le mariage, les sacrements, les péchés, l’épiphanie, la prière, la guerre, la Vierge Marie, la guerre, la naissance, la création, les anges, l’unité de Dieu, Pâques, la confession, la mort, l’observation du dimanche, l’éducation des enfants.
Langues des documents : FRA – ALG.

Sermons III / Jean-Claude Mathevet, PSS. – 1802, 1810-1819, 1821. P1:8A.4/035
Portée et contenu : textes sur les bonnes œuvres, le vol et la restitution, l’impureté et la danse, la charité, la mort, la parole de Dieu, les superstitions, la procession de la Fête-Dieu, etc.
Langues des documents : FRA – ALG.

Sermons V / Jean-Claude Mathevet, PSS. – 1798, 1816, 1818, 1822-1823. P1:8A.4/036
Portée et contenu : textes sur Dieu et ses perfections; la Trinité; l’Assomption et la vanité.
Langues des documents : FRA – ALG.

Sermons VII / Jean-Claude Mathevet, PSS.  – 1779, 1800, 1816-1826. P1:8A.4/037
Portée et contenu : textes sur l’Ascension (Évangile du troisième et du quatrième dimanche après la Pentecôte, l’enfant prodige, St-Jean Baptiste).
Langues des documents : FRA – ALG.

Sermons VIII / Jean-Claude Mathevet, PSS. – 1799-1803, 1811-1812, 1814, 1818. P1:8A.4/038
Portée et contenu : textes sur le cimetière, le jugement, l’amendement, l’Eucharistie (Évangile du dixième dimanche) après la Pentecôte.
Langues des documents : FRA – ALG.

Sermons IX / Jean-Claude Mathevet, PSS. – 1801, 1812, 1821, 1823-1824. P1:8A.4/039
Portée et contenu : textes sur la propagation de la Foi; le jugement; le respect humain et ne pas aller dans les pays infidèles.
Langues des documents : FRA – ALG

Sermons X / Jean-Claude Mathevet, PSS. – 1797, 1805, 1809, 1817. P1:8A.4/040
Portée et contenu : textes sur St-Pierre, l’union des chefs, la conformité à la [prière] ainsi qu’une dédicace.
Langues des documents : FRA – ALG.

Sermons XII / Jean-Claude Mathevet, PSS. – 1800-1822. P1:8A.4/041
Portée et contenu : textes sur l’Eucharistie, la fréquente communion et une note faite sur M. Mathevet dans le cahier précédent.
Langues des documents : FRA – ALG

Sermons II / Jean-Claude Mathevet, PSS. – 1796-1818, 1821. P1:8A.4/047
Portée et contenu : textes sur la transfiguration, la Pentecôte, les qualités des corps glorieux, l’aumône, St-Louis, la luxure, l’Évangile du septième dimanche après la Pentecôte, St-Pierre, l’histoire d'[Elzéare] et les sept frères et le mariage.
Langues des documents : FRA – ALG

Sermons VI / Jean-Claude Mathevet, PSS. – 1803, 1822. P1:8A.4/050
Portée et contenu : textes sur l’enfer, Sainte-Anne, le salut, l’Évangile du quatrième dimanche après la Pentecôte; le pathos.
Langues des documents : FRA – ALG.

Sermons / Jean-Claude Mathevet, PSS. – 1776. P1:8A.4/052
Portée et contenu : longue introduction de M. Mathevet sur la circoncision; textes sur la passion de M. de Terlaye, l’Ascension et l’exode.
Langues des documents : FRA – ALG

Sermons I / Jean-Claude Mathevet, PSS. – 1815, 1817. P1:8A.4/066
Historique de la conservation : « Se trouvait à la mission du Sault[-au-Récollet]. M. Marcoux les passa à M. Mathevet, PSS ».
Portée et contenu : textes sur la purification, l’Annonce de la Fête de St-Jean-Baptiste; volumes 176 à 184; table alphabétique des matières à la fin de l’ouvrage.
Langues des documents : FRA – ALG.

Sermons II / Jean-Claude Mathevet, PSS. – 1816. P1:8A.4/067
Historique de la conservation : « Se trouvait à la mission du Sault[-au-Récollet]. M. Marcoux les passa à M. Mathevet, PSS. ».
Portée et contenu : Sermons sur l’éducation des enfants, Luc, André, l’octave du Saint-Sacrement, la messe, la communion, l’Eucharistie, le dimanche de l’Avent, l’Évangile de St-Jean, la Toussaint, le purgatoire, la mort.
Langue des documents : FR – ALG.

[Prônes et sermons] III / Jean-Baptiste Thavenet, PSS. – 1808 [1813, 1820, 1821, 1826]. P1:8A.4/113
Portée et contenu : textes sur les fêtes, l’Ascension, la Pentecôte, la Trinité, la Fête Dieu, la dédicace et l’Assomption; liste des chefs algonquins et nipissings.
Langue des documents : FRA – ALG.

Exhortations II / Jean-Baptiste Thavenet, PSS. 1807-1808. P1:8A.4/115
Portée et contenu : textes sur la confirmation, l’entrée de Monseigneur, la communion, le baptême, l’ouverture de la mission, l’ordre dans l’église et les étrangers.
Langues des documents : FRA – ALG.

Exhortations I / Jean-Baptiste Thavenet, PSS. – 1807-1808. P1:8A.4/116
Portée et contenu : le catéchisme, l’ivrognerie, l’obéissance, la passion, le divorce, la discorde.
Langues des documents : FRA – ALG.

Jubilé et Sermons III / Louis-Charles Lefebvre de Bellefeuille, PSS. – 1825, 1827. – 1 document textuel : ms. P1:8A.4/117
Portée et contenu : instructions sur le jubilé.
Langue des documents : FRA – ALG.

[Premier Prône] Sermons I / Louis-Charles Lefebvre de Bellefeuille, PSS. – Mars 1826. P1:8A.4/118
Portée et contenu : prônes sur un abrégé de la Foi, le péché, les sacrements, les commandements, la prière, le baptême, la confirmation, la confession, la communion, l’ordre, le mariage, la conduite dans la [maladie] et l’extrême onction.
Langue des documents : FRA – ALG.

Prônes et sermons partie A et partie B / Jean-André Cuoq, PSS. – 1856. P1:8A.4/138
Portée et contenu : textes annotés par M. Cuoq. Partie A: la Pentecôte, la fête des apôtres, la création du monde, la place de l’homme dans le paradis terrestre, Adam et Ève, Caïn et Abel, l’arche de Noé, le déluge, l’an 2348 av J.C., la corruption du genre humain, Abraham, Isaac. Partie B: instructions sur la prière, la fête de l’Ascension, la Pentecôte.
Langues des documents : FRA – ALG.

Partie I Algonquin Partie II français (instructions) / Joseph-Isidore Tallet, PSS. – [entre 1857 et 1862]. P1:8A.4/145
Portée et contenu : explications des commandements de Dieu et de l’Église. 27 instructions.
Langues des documents : FRA – ALG.

Cette catégorie est utilisée lorsqu’un manuscrit inclut plus d’un type de document. Par exemple, une grammaire et un catéchisme ou encore un dictionnaire et une grammaire.


Dictionnaire FR – ALG ALG – FR et Grammaire A et Grammaire B [Robert-Michel Gay] / Jean-Claude Mathevet, PSS. – [entre 1746 et 1781]. P1:8A.4/043
Langues des documents : FRA – ALG.

Dictionnaire FR – ALG ALG – FR / Jean-Claude Mathevet, PSS. – [entre 1746 et 1781]. P1:8A.4/068
Portée et contenu : le document comprend aussi « autre grammaire, histoire, prières ».
Langues des documents : FRA – ALG

Grammaire algonquine et catéchisme iroquois / Auteur inconnu et Pierre-Paul-François de Lagarde, PSS. – [entre 1755 et 1784]. – 1 document textuel : ms, relié. P1:8A.4/085
Portée et contenu : textes sur le catéchisme: instructions préparatoires à la confession sur le péché et la pénitence.
Langue des documents : FRA – ALG – IRO.

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