17 juillet 2026

Le premier aqueduc à Montréal

À la fin du XVIIIe siècle, les habitants de Montréal s’approvisionnent en eau à partir de puits publics, comme celui sur la place d’Armes, ou s’en remettent aux « porteurs d’eau » qui la puisent à même le fleuve ou dans les cours d’eau environnants. L’accroissement de la population de la ville et la hausse des besoins en eau incitent des hommes d’affaires montréalais à investir dans un projet d’aqueduc. Les seigneurs de l’île encourageront ce projet en leur permettant d’utiliser certaines de leurs terres et leurs ressources.

En septembre 1799, Daniel Sutherland, John Gray, Thomas Schieffelin, Stephen Sewell et Reubin Wait signent un accord avec le Séminaire de Saint-Sulpice pour l’utilisation d’une source localisée à la ferme sous les noyers, au domaine du fort de la Montagne. L’accord stipule que les seigneurs de l’île de Montréal acceptent de leur céder l’usage d’une source et d’une fontaine « pour fournir de l’eau à la ville & faubourg ». En contrepartie, les signataires s’engagent à « faire un réservoir pour abreuver les animaux du fort de la Montagne & du voisinage ».

En avril 1801, la Compagnie des propriétaires de l’aqueduc de Montréal obtient le monopole de l’approvisionnement en eau de la ville fortifiée et de ses faubourgs. Deux mois plus tard, les seigneurs permettent à l’un de ses propriétaires, Thomas Schieffelin, d’utiliser une terre leur appartenant « afin d’ériger une machine pour percer les tuyaux dans la plaine du quartier Sainte-Anne ».

Des tuyaux en bois de pin sont alors installés à partir de la source située sur le domaine des seigneurs, près de la Côte des Neige. L’eau est acheminée par gravité à deux citernes installées l’un à l’intersection de la rue Guy et de la rue Dorchester (boul. René-Lévesque) et l’autre au coin nord-ouest des rues Notre-Dame et Bonsecours. C’est en 1805 que les premiers clients de la rue Notre-Dame furent ravitaillés en eau courante.

Deux ans plus tard, les Sulpiciens s’entendent à nouveau avec les associés de la Compagnie de l’aqueduc pour l’approvisionnement en eau du Collège de Montréal, alors situé sur la rue Saint-Paul. Les seigneurs feront finalement construire eux-mêmes la conduite d’eau qui reliera le « tuyau principal en ville » jusqu’à leur collège.

Collaboration spéciale de Céline Gendron, Ph.D.

Références

Accord entre le Séminaire représenté par Jean-Henri-Auguste Roux, PSS, supérieur, et Joseph Borneuf, PSS, procureur et Daniel Sutherland, John Gray, Thomas Shieffin, Stephen Sewell et Reubin Wait, relative à la source sise à la Ferme sous les noyers, au Domaine du fort de la montagne, 21 septembre 1799, PSSM, P1:7B-7.

Billet par lequel T. Schieffelin reconnaît utiliser un terrain des Sulpiciens afin d’ériger une machine pour percer les tuyaux dans la plaine du quartier Sainte-Anne, 25 juin 1801, PSSM, P1:25.4A-55.

Deux accords entre le Séminaire, représenté par Jean-Henri-Auguste Roux, PSS, supérieur, et Joseph Borneuf, PSS, et la Compagnie des eaux de Montréal, Joseph Frobisher, agissant, relatifs à la pose de tuyau au Domaine du fort de la montagne et à la fourniture d’eau au Collège de Montréal, 9 septembre 1807-20 juin 1808, PSSM, P1:7B-7a.

Louis Guy, Plan de la ville de Montréal, 1794, encre et lavis sur carton (?), PSSM, P1:E.20/05.

Miller, Carman. « GRAY, JOHN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6, Université Laval/University of Toronto, 2003, consulté le 9 sept. 2025, https://www.biographi.ca/fr/bio/gray_john_6F.html.

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